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Prise de la Pastille

mai 16, 2007

Hé,

D’ici au premier juin, des -cheurs sortiront d’un désert foulé déjà, et en donneront, ici la sueur, comme on parle de la poste, restante.

Ainsi que d’une revue, ou d’un journal s’il s’organise, ils joueront les (red)acteurs d’une série ouverte de diffractions, perspectives aux points de fuite multiples : les pièces communiquantes mais issues de puzzles différents, modulant sur l’atonie du réel (où les vaches sont grises) un filet (infini, mal fini) dont les intersections excitent les dissonances d’une mélodie du sens – art, philosophie, politique.  

5 commentaires

  1. La prise de la pastille, pour mieux se rendre compte de la matrice, s’en libérer ou y plonger mon capitaine.

    Le filet est la représentation évidente de cette matrice (mais un filet mouvant, comme une surface de mer dont le mouvement aussi chaotique qu’élégant rappelle la fameuse chute hollywoodienne des nombres monochromes)
    monochrome comme le regard carré de la vache qui, à force de ruminer, parvient à affadir saveurs et textures. [ses estomacs jouent à un ping-pong lent]
    la vache : employée de bureau usée ou moine détaché?
    l’intersexion est souvent créatrice, surtout qu’en fait l’artiste est un noeud.

    bons débuts Diffracteur!


  2. Je prendrai la bleue, Morpheus.


  3. Retourner l’espace de l’apparence, oui ; sauf qu’il n’y a pas de matrice : ou plutôt, la matrice est elle-même une apparence dépendant d’une représentation-de-monde. En cela, elle n’a aucune primeur ontologique sur n’importe quel monde des apparences : elle n’est elle-même qu’une étape (comme dans existenZ) dans le dévoilement infini des mondes virtuels successifs. Et le monde de base, le sol originaire de l’expérience, échappe toujours. A cause de cela il faut peut-être, comme le dit Lissovski, faire jouer par la farce l’apparence contre elle-même, plutôt que chercher on ne sait qu’elle origine essentielle (matricielle) :
    “Une pratique politique qui poursuit la subversion de la subjectivité de manière à permettre un agencement de singularités désirantes doit investir le coeur même de la subjectivité dominante, en produisant un jeu qui la révèle au lieu de la dénoncer. Cela veut dire que, au lieu de vouloir la liberté […], nous devons reprendre l’espace de la farce, en inventant des subjectivités délirantes qui, par un choc avec la subjectivité capitalistique, la fassent écrouler.”


  4. La reference a ExistenZ est interessante car elle rend bien compte de l’illusion “en miroir” a laquelle nous sommes contraints et qui fait rapidement passer la recherche de la verite (du “monde de base”) pour un enfoncage de portes ouvertes les unes sur les autres. On retrouve cette structure dans Ghost in the Shell 2 et surtout dans Avalon, ou tout environnement n’est qu’une etape dans le devoilement infini des mondes virtuels successifs, mais ou chacune de ces etapes n’est ni plus ni moins signifiante que la precedente ou la suivante (meme si il y a une progression lineaire, “hegelienne” au fur et a mesure des niveaux). Aucun n’a de porte de sortie (qui ne mene vers autre chose qu’une nouvelle porte), tous sont des ponts potentiels.

    En ce qui concerne la citation de Lissovski (qui est-ce?), l’appropriation de la farce semble etre le meilleur moyen de ne pas se montrer dupe de l’illusion a laquelle nous nous pretons.
    Mais l’objectif de faire ecrouler “la subjectivite capitalistique” est-il bien raisonnable? Chaque choc renforce le capitalisme, qui voit la l’occasion d’un diagnostic et dans son extraordinaire capacite digestive produit un antidote a ces germes mortels qui, au lieu de l’affaiblir, le rendent plus robuste (a la maniere d’un vaccin).

    Dormir? Oui, je veux bien, oui
    je baille mes jours a trop vouloir veiller je ne vois plus rien.
    Le reve dans lequel je me reveille, qui m’occupe d’habitudes, est-il vraiment plus reel que celui dans lequel je me vautrais les yeux clos?

    Peut-etre, puisqu’il est partage par d’autres…


  5. si j’ai bien compris la citation, l’auteur appelle de ses voeux l’avenement de golden boys irresponsables, plus prets a s’amuser gratuitement (delirants) qu’a collectionner de l’argent (desirants).
    Il souhaite la decadense, en fait.
    C’est lorsque ses membres se liberent que la societe s’ecroule? quel dommage, l’objectif de la liberation devrait alors etre une illusion pour la plupart des membres, hormis a ceux qui serviront d’exemple.
    Bof, trop pratique et intentionnel pour etre vrai, le chaos me semble plus probable et riche.

    a+



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