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	<title>Commentaires sur : Sens et situation.</title>
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	<link>http://diffractions.wordpress.com/2007/11/11/sens-et-situation/</link>
	<description>Art, philosophie, politique</description>
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		<title>Par : Positron</title>
		<link>http://diffractions.wordpress.com/2007/11/11/sens-et-situation/#comment-57</link>
		<dc:creator>Positron</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 15:08:24 +0000</pubDate>
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		<description>Somehow i missed the point. Probably lost in translation :) Anyway ... nice blog to visit.

cheers, Positron!</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Somehow i missed the point. Probably lost in translation <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  Anyway &#8230; nice blog to visit.</p>
<p>cheers, Positron!</p>
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		<title>Par : magisterial</title>
		<link>http://diffractions.wordpress.com/2007/11/11/sens-et-situation/#comment-56</link>
		<dc:creator>magisterial</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 18:58:54 +0000</pubDate>
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		<description>Magisterial says : I absolutely agree with this !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Magisterial says : I absolutely agree with this !</p>
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		<title>Par : diffractions</title>
		<link>http://diffractions.wordpress.com/2007/11/11/sens-et-situation/#comment-52</link>
		<dc:creator>diffractions</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Dec 2007 14:38:37 +0000</pubDate>
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		<description>Mon cher Nono (puisque tu me donnes du “tu”, l’on peut bien passer le cap des petits noms…), merci de ton commentaire, parfois acerbe, mais cela fait tellement de bien… Et tout d&#039;abord, toutes mes excuses pour le délai si long entre ton commentaire et ma réponse; si j&#039;osais le calembour, je dirais que j&#039;ai le cerveau lent...

Il y a comme un gros malentendu: je ne pars absolument pas d’une posture kantienne, et il est donc assez mal venu de me taxer d’apriorisme transcendantal; les catégories qui structurent toutes les catégories “possibles”, sont des catégories issues d’évolutions historiques, où la contingence a sa part. Si l’on veut parler d’a priori, il faudrait plutôt parler d’a priori historique, sur le modèle des épistemè foucaldiennes. Il s’agit donc des situations “possibles” à l’intérieur d’une typologie des situations, définie par une épistemè, elle-même issue de variations historiques non nécessaires (elles ne sont pas les réalisations successives de l’Esprit hégélien), et non de toutes les situations possibles, absolument parlant. L’intérêt d’une telle approche, comparativement même à une approche purement sociologique des situations, consiste en ce qu’elle ne se donne pas pour objet de faire une recension des situations réelles, et des structures qui les informent, mais plutôt de voir comment des événements peuvent apparaître comme le moment où le sens se constitue, dans une situation qui est en quelque sorte une non-situation. Que Goffman puisse donc comprendre ou non la nouveauté de la “situation” de 2005 est donc rigoureusement sans importance, et pour tout dire assez difficile à pronostiquer; ce qui m’intéresse n’est pas la même chose que ce qu’il vise.
Il y a donc effectivement quelque chose, en un sens, de sublime, dans ce bouleversement des catégories par un événement qui touche au non-signifiant; mais je ne pense pas qu’il s’agisse réellement, comme ton texte le laisse supposer, du sublime kantien. Celui-ci désigne précisément le moment où s’impose à la sensation un objet qui fait signe vers ce qui dépasse toute représentation possible (au sens ici où il y a un ensemble des catégories donné une fois pour toutes). Il me semble qu’il y a là comme une naïveté kantienne à croire qu’il existe un réel informe, innommable, mais qui comporterait un certain nombre de structures par définition inconnaissables (le réel des choses en soi), et qui serait apparu comme tel dans ces événements. On ne sort du sens que par abstraction; la “matière” elle-même n’est qu’une abstraction, tout comme le “réel”. Ce qui existe ce sont des interprétations qui entrent en lutte, mais qui font être la chose-même qu’elles ne pensent “qu’interpréter”.
D’où le fait que le langage ait pour moi une importance qu’il a fallu souligner. Mais je ne m’étonne ni du fait que le langage soit le révélateur de l’être ni d’autre chose, je dis simplement quelle a été  l’utilisation d’un type de langage donné (la LQR, dont la présence est donc ici parfaitement justifée). S’il n’y a que des interprétations, véhiculées par le langage, quel est le type de langage qui a été majoritairement présent dans l’espace public, et dont l’interprétation a eu pour ainsi dire force de loi? Ainsi, je retrouve les rapports de force dans le processus de constitution de la situation, de son sens, et, dans ce cas particulier, la constitution d’un nouveau jeu de sens possible, et les tentatives de recouvrement par d’autres jeux de sens déjà établis.

C&#039;est pourquoi je suis tout à fait d&#039;accord avec l&#039;idée que le politique est le lieu où il est principalement question du sens, où le sens est l&#039;enjeu même; mais je ne pense pas avoir dit autre chose: dire que les individus qui ont participé aux événements de 2005 auraient proposé une nouvelle manière de se subjectiver ou de se désubjectiver dans l&#039;espace publique, c&#039;est dire qu&#039;ils auraient proposé un nouveau jeu de sens possible, qu&#039;ils mettent en jeu le sens. Et c&#039;est aussi une manière de dire que le politique est là où l&#039;on ne l&#039;attend pas nécessairement, puisqu&#039;il n&#039;est pas question de revendications, de lutte pour des programmes, etc. mais de l&#039;hypothétique constitution du sens (politique) dans une pratique qui ne semble pas, de prime abord, politique, et qui, plus fondamentalement encore, semble même être non-signifiante. On pourrait alors définir le politique comme le lieu de la production du sens, toujours guetté par le danger de la rigidification de ce sens (par définition inchoatif) en des significations (par définition mortes, extraites de tout devenir). D&#039;où l&#039;importance politique des pratiques qui résistent à l&#039;enrôlement de force  dans des cadres déjà signifiant, d&#039;où aussi le rôle politique de l&#039;art, lorsque celui-ci met en jeu le sens. Mais se pose alors le problème de sa réception: Faulkner, Beckett ou Joyce peuvent très bien être lus dans le métro, pour occuper les minutes creuses qui séparent deux stations...

Quant à dire que le langage fait être ce qui sans lui n’aurait pas de nom, qui existe par soi en dehors du langage, cela est d’un réalisme qui me semble parfaitement injustifié: comment fais-tu pour franchir la limite wittgensteinienne à laquelle tu fais allusion, regarder depuis le dehors du langage, le rapport entre le langage et les “choses” muettes? En définitive, il me semble plus cohérent de rester dans ce dont on ne sort pas : les interprétations, le langage, qui, bien sûr, tente de se  dépasser vers son dehors, vers ce réel en soi, aux strutures inconnaissables, voire même, sans structures-une sorte de socle ontologique; à ceci près que ce dernier n’est qu’une idée-limite: de la même manière que Kant pose les noumènes pour donner un fondement ontologique aux phénomènes, et empêcher les apparences ectoplamsiques de dériver sur fond de néant, nous sommes tentés de donner un fondement au langage, en lui assurant un ancrage dans l’être, puisqu’il désignerait des choses existantes, mais sans lui innommées, voire, dans la version plus pessimiste de cette hypothèse, innommables. Il me semble, quant à moi, que ces structures ne sont que pure pétition de principe, attendu qu’il ne nous est jamais donné de pouvoir les connaitre en dehors du langage, et que ce sont elles qui sont sensées fonder la référentialité du langage; et l’on voudrait, dans le langage, penser son propre dehors, la manière dont il se rapporte à ce dehors qui existerait sans lui?

Mais peut-être que tout ce débat est mal posé; faut-il penser la référentialité du langage? Si le langage fait signe vers un réel qui est par définition une idée-limite, un “rien” (un “désert”, comme dirait un poète des mes amis) qui permet de penser l’apparition de la réalité dans le langage, à quoi sert de penser un dehors du langage qui possèderait une consistance par soi? Il faudrait sans doute penser que le langage est ce qui se plisse de soi-même, et donne ainsi une consistance à son dehors, qui le fait être, dans cet acte de plissement. Il n’y aurait donc de réel, comme concept-limite, qu’à partir du moment où le langage  fait être une réalité,  et nécessite la position d’un réel en tant que concept-limite qui le borde; mais ce réel ne serait en réalité qu’un effet du plissement du langage sur lui-même, et non une “chose”, un “niveau d’être” qui existerait à part soi, indépendamment du langage. Rien à voir donc, avec les trous du culs heideggériens…</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Mon cher Nono (puisque tu me donnes du “tu”, l’on peut bien passer le cap des petits noms…), merci de ton commentaire, parfois acerbe, mais cela fait tellement de bien… Et tout d&#8217;abord, toutes mes excuses pour le délai si long entre ton commentaire et ma réponse; si j&#8217;osais le calembour, je dirais que j&#8217;ai le cerveau lent&#8230;</p>
<p>Il y a comme un gros malentendu: je ne pars absolument pas d’une posture kantienne, et il est donc assez mal venu de me taxer d’apriorisme transcendantal; les catégories qui structurent toutes les catégories “possibles”, sont des catégories issues d’évolutions historiques, où la contingence a sa part. Si l’on veut parler d’a priori, il faudrait plutôt parler d’a priori historique, sur le modèle des épistemè foucaldiennes. Il s’agit donc des situations “possibles” à l’intérieur d’une typologie des situations, définie par une épistemè, elle-même issue de variations historiques non nécessaires (elles ne sont pas les réalisations successives de l’Esprit hégélien), et non de toutes les situations possibles, absolument parlant. L’intérêt d’une telle approche, comparativement même à une approche purement sociologique des situations, consiste en ce qu’elle ne se donne pas pour objet de faire une recension des situations réelles, et des structures qui les informent, mais plutôt de voir comment des événements peuvent apparaître comme le moment où le sens se constitue, dans une situation qui est en quelque sorte une non-situation. Que Goffman puisse donc comprendre ou non la nouveauté de la “situation” de 2005 est donc rigoureusement sans importance, et pour tout dire assez difficile à pronostiquer; ce qui m’intéresse n’est pas la même chose que ce qu’il vise.<br />
Il y a donc effectivement quelque chose, en un sens, de sublime, dans ce bouleversement des catégories par un événement qui touche au non-signifiant; mais je ne pense pas qu’il s’agisse réellement, comme ton texte le laisse supposer, du sublime kantien. Celui-ci désigne précisément le moment où s’impose à la sensation un objet qui fait signe vers ce qui dépasse toute représentation possible (au sens ici où il y a un ensemble des catégories donné une fois pour toutes). Il me semble qu’il y a là comme une naïveté kantienne à croire qu’il existe un réel informe, innommable, mais qui comporterait un certain nombre de structures par définition inconnaissables (le réel des choses en soi), et qui serait apparu comme tel dans ces événements. On ne sort du sens que par abstraction; la “matière” elle-même n’est qu’une abstraction, tout comme le “réel”. Ce qui existe ce sont des interprétations qui entrent en lutte, mais qui font être la chose-même qu’elles ne pensent “qu’interpréter”.<br />
D’où le fait que le langage ait pour moi une importance qu’il a fallu souligner. Mais je ne m’étonne ni du fait que le langage soit le révélateur de l’être ni d’autre chose, je dis simplement quelle a été  l’utilisation d’un type de langage donné (la LQR, dont la présence est donc ici parfaitement justifée). S’il n’y a que des interprétations, véhiculées par le langage, quel est le type de langage qui a été majoritairement présent dans l’espace public, et dont l’interprétation a eu pour ainsi dire force de loi? Ainsi, je retrouve les rapports de force dans le processus de constitution de la situation, de son sens, et, dans ce cas particulier, la constitution d’un nouveau jeu de sens possible, et les tentatives de recouvrement par d’autres jeux de sens déjà établis.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi je suis tout à fait d&#8217;accord avec l&#8217;idée que le politique est le lieu où il est principalement question du sens, où le sens est l&#8217;enjeu même; mais je ne pense pas avoir dit autre chose: dire que les individus qui ont participé aux événements de 2005 auraient proposé une nouvelle manière de se subjectiver ou de se désubjectiver dans l&#8217;espace publique, c&#8217;est dire qu&#8217;ils auraient proposé un nouveau jeu de sens possible, qu&#8217;ils mettent en jeu le sens. Et c&#8217;est aussi une manière de dire que le politique est là où l&#8217;on ne l&#8217;attend pas nécessairement, puisqu&#8217;il n&#8217;est pas question de revendications, de lutte pour des programmes, etc. mais de l&#8217;hypothétique constitution du sens (politique) dans une pratique qui ne semble pas, de prime abord, politique, et qui, plus fondamentalement encore, semble même être non-signifiante. On pourrait alors définir le politique comme le lieu de la production du sens, toujours guetté par le danger de la rigidification de ce sens (par définition inchoatif) en des significations (par définition mortes, extraites de tout devenir). D&#8217;où l&#8217;importance politique des pratiques qui résistent à l&#8217;enrôlement de force  dans des cadres déjà signifiant, d&#8217;où aussi le rôle politique de l&#8217;art, lorsque celui-ci met en jeu le sens. Mais se pose alors le problème de sa réception: Faulkner, Beckett ou Joyce peuvent très bien être lus dans le métro, pour occuper les minutes creuses qui séparent deux stations&#8230;</p>
<p>Quant à dire que le langage fait être ce qui sans lui n’aurait pas de nom, qui existe par soi en dehors du langage, cela est d’un réalisme qui me semble parfaitement injustifié: comment fais-tu pour franchir la limite wittgensteinienne à laquelle tu fais allusion, regarder depuis le dehors du langage, le rapport entre le langage et les “choses” muettes? En définitive, il me semble plus cohérent de rester dans ce dont on ne sort pas : les interprétations, le langage, qui, bien sûr, tente de se  dépasser vers son dehors, vers ce réel en soi, aux strutures inconnaissables, voire même, sans structures-une sorte de socle ontologique; à ceci près que ce dernier n’est qu’une idée-limite: de la même manière que Kant pose les noumènes pour donner un fondement ontologique aux phénomènes, et empêcher les apparences ectoplamsiques de dériver sur fond de néant, nous sommes tentés de donner un fondement au langage, en lui assurant un ancrage dans l’être, puisqu’il désignerait des choses existantes, mais sans lui innommées, voire, dans la version plus pessimiste de cette hypothèse, innommables. Il me semble, quant à moi, que ces structures ne sont que pure pétition de principe, attendu qu’il ne nous est jamais donné de pouvoir les connaitre en dehors du langage, et que ce sont elles qui sont sensées fonder la référentialité du langage; et l’on voudrait, dans le langage, penser son propre dehors, la manière dont il se rapporte à ce dehors qui existerait sans lui?</p>
<p>Mais peut-être que tout ce débat est mal posé; faut-il penser la référentialité du langage? Si le langage fait signe vers un réel qui est par définition une idée-limite, un “rien” (un “désert”, comme dirait un poète des mes amis) qui permet de penser l’apparition de la réalité dans le langage, à quoi sert de penser un dehors du langage qui possèderait une consistance par soi? Il faudrait sans doute penser que le langage est ce qui se plisse de soi-même, et donne ainsi une consistance à son dehors, qui le fait être, dans cet acte de plissement. Il n’y aurait donc de réel, comme concept-limite, qu’à partir du moment où le langage  fait être une réalité,  et nécessite la position d’un réel en tant que concept-limite qui le borde; mais ce réel ne serait en réalité qu’un effet du plissement du langage sur lui-même, et non une “chose”, un “niveau d’être” qui existerait à part soi, indépendamment du langage. Rien à voir donc, avec les trous du culs heideggériens…</p>
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