On appelle « musique » une composition (sonore).
La composition est, au sens statique (« ceci est une composition pour piano »), la figure définissant les rapports réciproques d’un ensemble de parties, et au sens dynamique (l’acte de composer) la création de figures. L’espace est ici une métaphore dont la signification n’est pas à élucider plus avant : une figure n’est qu’une façon pour une multiplicité d’agencer une unité, de s’agencer en unité. Lorsque le rapport des parties (l’unité de la multiplicité) est réglé, on peut appeler la figure une harmonie. Inférer de l’existence d’une harmonie l’intention qui la règle n’est pas seulement inutile : c’est la montre d’un rapport superstitieux à la musique. La figure est un évènement de sens (épuré dans la musique des significations), si bien que composer revient à : tresser un sens. Lui ne vient pas d’en haut, des Idées : le sens est l’Idée, mais d’en bas, de la composition (l’improvisation est la composition dans le temps du temps).
Qu’y peut-on ? Improviser la musique des mondes.
P. V.
